PARTIE 1

LE B.A.-BA
du chauffage au bois

Nous allons voir ici les « bases » du chauffage au bois. En commençant par la sensation de chaleur, et la réaction de combustion (le feu) qui la rend possible. À partir de là, il est possible de comprendre le fonctionnement du chauffage au bois, l’intérêt de celui-ci et les techniques pour en tirer parti. Nous vous donnerons aussi des indications sur les dimensions de ce type d’installation, le choix de l’emplacement...

 

 Qu’est-ce que la chaleur ?

Une question de métabolisme

Les réactions métaboliques de notre corps le maintiennent à une température de 37 °C, condition nécessaire à la vie. Il doit évacuer de la chaleur sous l’effet d’un environnement trop chaud ou quand des frottements intérieurs (circulation du sang, activité musculaire), liés à la pratique d’un sport par exemple, créent une énergie calorifique en surplus. À l’inverse si, par suite du froid, sa température s’abaisse, une série de mécanismes se mettent en place pour la faire remonter : constriction des vaisseaux sanguins superficiels, augmentation de la production de chaleur interne... Cette différenciation, refroidissement à la périphérie du corps, réchauffement interne, crée la sensation de froid.

Notre sensation de chaleur dépend également de la température sèche de l’air, de son humidité (hygrométrie), des mouvements de l’atmosphère (vent, courants d’air), de la température du sol, de la température des parois d’une pièce. Autant de paramètres à prendre en compte de manière simplifiée quand on installe son chauffage au bois...

Installer un poêle contre un mur permet à ce dernier de restituer la chaleur même quand le feu a cessé de brûler. (© Brisach.)

Comment nous refroidissons-nous?

On distingue quatre phénomènes entraînant le refroidissement du corps.

Le saviez-vous ?

L’homme est « formaté » pour vivre, sans ajout de vêtements ou de technologies variées, dans un climat et un seul, celui des jungles équatoriales...

La convection est le mouvement d’un fluide, avec transport de chaleur, sous l’influence de différences de température. C’est ce mécanisme qui fait que l’air chaud monte et l’air froid descend. Il entraîne un brassage continuel d’air froid sur notre corps, et donc une déperdition de chaleur.

Le rayonnement est un transfert d'énergie sans matière, sous forme d’ondes ou de particules. Concrètement, dans un ensemble d’objets, celui qui est le plus chaud cède de la chaleur aux autres : le soleil, par exemple, nous chauffe par son rayonnement. De même, nos épaules, voient leur chaleur aspirée par une fenêtre froide.

La conduction est le transfert de chaleur entre objets directement en contact. Posés sur le sol, nos pieds transmettent leur chaleur à la terre.

L’évaporation est la transformation d’un liquide en vapeur, phénomène qui nécessite de l’énergie. La transformation du liquide aqueux qu’est la sueur en vapeur d’eau consomme ainsi la chaleur du corps. On retrouve le même mécanisme pour la vapeur d’eau qui sort avec la respiration de nos poumons.

De même, votre cheminée ou votre poêle chaufferont par convection, rayonnement et conduction. Nous retrouverons d’ailleurs bientôt ces notions fondamentales.

Cheminée à foyer ouvert. (© Richard Le Droff.)

Quelques mesures de base

La calorie (cal), ancienne mesure comme on ne s’en doute pas en lisant la presse, représente la chaleur nécessaire pour élever un gramme d’eau de 14,5 °C à 15,5 °C, au niveau de la mer (mesure pertinente, puisque nous sommes composés à 70 % d’eau !).

Le joule (J) est l’unité de travail, d’énergie et de quantité de chaleur correspondant au travail produit par une force de 1 newton (force qui communique à une masse de 1 kg une accélération de 1 m par seconde carrée) dont le point d’application se déplace de 1 m dans la direction de la force. Il remplace officiellement l’unité calorie depuis 1978.

Le watt (W), que nous allons retrouver partout (on vous vend un poêle de 2 000 watts – 2 kilowatts, ou « kW » –, une chaudière-bois de 4 000 watts – 4 kW –, etc.), est l’unité élémentaire de puissance : 1 watt, c’est 1 joule pendant 1 seconde. Une calorie vaut 4,184 joules, soit 4,184 watts... Le watt-heure (Wh) est l’énergie fournie en une heure par une puissance de 1 watt... Le watt-heure vaut donc... 3 600 joules. Un chêne sec (12 à 15 % d’humidité) fournit une puissance que l’on situe entre 5,1 et 5,3 kWh par kilogramme. C’est en kilowatt par mètre carré, ou par mètre cube, que l’on mesurera par exemple l’énergie qui s’échappe d’une pièce.

Bravo, vous suivez !

Poêle à bûches. (© Austroflamm.)

 

 Une idée des dimensions

Comme nous le verrrons plus loin (page 16 et suivantes), le rendement d’une cheminée n’est pas lié à sa taille : l’important est qu’un conduit lui amène directement l’air frais. Si elle prend son air dans la pièce, plus le foyer sera large, mieux ce sera... sauf qu’il faut bannir ce système.

Avec sa forme extrêmement originale, cette cheminée apparaît comme une bulle d’air en métal remplie de feu. (© Wanders.)

Voici les dimensions moyennes des poêles et cheminées :

Le conduit d’évacuation des fumées

L’endroit où vous allez placer votre cheminée doit être surmonté d’un conduit, que vous pouvez construire vous-même ou faire installer. Il faut simplement vous demander ce qu’il y a au-dessus du plafond. Par exemple, si vous êtes en copropriété, il va éventuellement falloir négocier l’ouverture du conduit à travers les étages supérieurs, puis la toiture.

petit poêle : comptez en largeur (L) 40 cm, en hauteur (H) 90 cm et en profondeur (P) 50 cm, pour un poids de 60 kg ;

poêle moyen : comptez L 47 cm, H 100 cm, P 40 cm, et 80 kg ;

grand poêle : comptez L 70 cm, H 100 cm, P 50 cm, et 150 kg ;

cheminée placée dans un mur : comptez L 145 cm, H 100 cm, P 30-80 cm, et une demi-tonne, mais pensez à la hotte, cette « avancée » du mur au-dessus du foyer qui prend beaucoup de place ;

cheminée ronde détachée du mur : L 100 cm, P environ 170 cm, pour un poids pouvant aller jusqu’à une tonne.

Sachez que, selon leurs dimensions, cheminée ou poêle rayonnent une chaleur intense sur une distance comprise entre 1 et 4 m. Vous devez prévoir 1 m libre de tout mobilier devant le foyer pour les projections de braises, ainsi que la prise d’air et le conduit d’évacuation des fumées.

 

 Le feu : comment ça marche ?

Une réaction d’oxydation

Le feu qui nous intéresse (car il y en a d’autres, par exemple celui des chaudières nucléaires ou solaires) résulte de la combustion du carbone – C –, opération par laquelle le carbone de la bûche de bois (qui en contient 50 %) se combine avec l’oxygène – O2 – de l’air pour donner du gaz carbonique et de la chaleur :

Un simple poêle crée autant d’ambiance que de chaleur. (© Invicta.)

C + O2 → CO2 + chaleur.

Très succinctement, dans le feu se déroule une réaction d’oxydation (l’oxygène oxyde le carbone) : 12 g de carbone (soit 24 g de bûche !) + 32 g d’oxygène produisent 48 g de gaz carbonique et libèrent 400 watts environ, plus de la lumière...

Comme l’air ne contient que 20 % d’oxygène, il faut 5 kg d’air, soit 6 m3 environ (à 1,2 kg d’air par mètre cube) pour brûler 1 kg de bois.

Concrètement, on peut tirer plusieurs conclusions de cette description chimique du feu :

Première conclusion : c’est l’oxygène qui rend la combustion possible.

Deuxième conclusion : ce qui est surtout produit, c’est du gaz carbonique, toxique s’il s’accumule dans la pièce... Et ce d’autant plus que, si l’oxydation est incomplète (traduction : trop peu d’air entre dans votre poêle ou cheminée), votre appareil produira moins de chaleur et moins de CO2, mais plus d’oxyde de carbone (CO), le gaz mortel par excellence, dont la présence même à un taux infinitésimal conduit à la mort. Sans compter toutes sortes de substances peu volatiles, noirâtres, qui pourront venir s’incruster sur la vitre de votre appareil...

Troisième conclusion : pour éviter ce danger et ces problèmes, on accroîtra le volume d’air entrant dans l’appareil (+ 50 % que nécessaire en moyenne), jusqu’à un certain point toutefois, car sinon on brûlera le combustible trop vite. Problème : on accroît aussi les courants d’air via l’aspiration, donc on refroidit la pièce. Nous verrons comment éviter cela...

Et la flamme, dans tout ça ?

Elle est le personnage du feu, en quelque sorte, et mène sa vie propre. Contre le bois, elle est à une température de 1 000 °C.

L’idéal est de placer le poêle au centre de l’espace chauffer. (© Arkiane.)

Les flammes sont rendues possibles par les gaz contenus dans le bois (5,5 % d’hydrogène et... 45,3 % d’oxygène). Portés à une très haute température par la réaction d’oxydation, et pour certains transformés par cette réaction, ils prennent feu.

Puis ils entrent en contact avec l’air froid qui les environne, qu’ils vont entraîner dans leur ascension en le réchauffant. La température des gaz chute alors rapidement : le rétrécissement de la flamme correspond à leur refroidissement. La flamme est littéralement mangée par le froid, même relatif, qui la cerne, ce qui explique sa forme en pointe.

Gaz, air chaud et moins chaud, vapeur d’eau (même très sec, le bois en contient toujours), constituent le panache de fumée qui se forme au-dessus de la cheminée, qui se refroidit et se disperse au fur et à mesure qu’il s’étend.

 

Étapes de transformation du bois en chaleur

• À partir de 100 °C, séchage du bois (évacuation de l’eau résiduelle).

• Dès 250 °C, le bois est décomposé par la chaleur, puis l’oxygène transforme le bois en gaz et en carbone solide.

• Dès 500 °C, le carbone solide est gazéifié avec production de dioxyde de carbone et de vapeur d’eau.

• À partir de 700 °C, le gaz-combustible est oxydé par l’oxygène en dioxyde de carbone et vapeur d’eau.

• C’est au stade de la flamme que commence à s’opérer le transfert de chaleur vers les parois et la bouche de l’appareil, et de là vers le reste de la pièce.

 Se chauffer au bois

Que sont un poêle, une cheminée ?

Ce sont des machines à transformer le carbone en chaleur.

Ils reproduisent – en accéléré – la réaction d’oxydation qui se déroule à l’intérieur de votre corps (mais une réaction qui a lieu chez nous à basse température, à 37 °C). Dans cette perspective, le système de chauffage de la maison peut être comparé à celui du corps.

L’air, les matières du poêle et de la cheminée sont les diffuseurs de chaleur vers les habitants de la maison. Les cloisons, les vitres, seraient les peaux de la maison. Les bouches d’aération représenteraient votre bouche et votre nez, le volume d’air intérieur de la demeure vos poumons, d’où la cheminée extrait l’oxygène qui lui est nécessaire.

Les cheminées modernes sont conçues comme des poêles à l’allure de cheminée. (© Richard Le Droff.)

Concrètement, la partie qui fait saillie dans la maison (ou l’appartement) est ce que l’on appelle le « manteau » de la cheminée. La cheminée proprement dite englobe ainsi le manteau, le conduit, le tuyau émergeant du toit avec son habillage (par exemple, pierres ou briques) et le chapeau qui le coiffe.

Ce qu’il faut savoir...

Des inconvénients aujourd’hui compensés

Si le chauffage au bois avait été parfait dès le début, personne n’aurait inventé la chaudière, les systèmes de chauffage central avec circulation d’eau, et personne n’utiliserait du fuel, du gaz propane et butane, voire du charbon...

Le bois présentait à l’origine plusieurs inconvénients, compensés depuis. Son stockage imposait ainsi des volumes importants, et son transport, du lieu de production au lieu de stockage, puis du lieu de stockage (dans un appentis, en général) au lieu de la combustion, représentait une tâche pénible. Les appareils avaient une faible autonomie et n’étaient pas réglables.

Mais il restait le plaisir de la flamme, le charme des soirées au coin du feu... Cet infinitésimal qui a tant de valeur.

Aujourd’hui, comme nous le verrons, les progrès réalisés dans la conception des appareils ont rendu au chauffage au bois tout son attrait.

 

Puissance annoncée

En général, il faut lire les kilowatts affichés par les fabricants de poêles et de cheminées comme des kilowatts-heure : c’est la quantité d’énergie émise par l’appareil pendant une heure de fonctionnement moyen, c’est-à-dire entre extinction et pleine combustion. Il s’agit de la « puissance nominale calorifique ». Mais attention : vous pourrez rencontrer des constructeurs qui affichent sur leurs poêles la puissance maximale, à plein chargement.

Autonomie de l’appareil

Il ne sert à rien d’acheter un poêle de 7 kW si, une fois que vous êtes endormi, il s’éteint au bout d’1 heure ou ne délivre plus qu’une chaleur résiduelle au bout de 2 heures. Mais si vous achetez une cheminée ou un poêle pour le plaisir de regarder les flammes danser, nous vous aiderons à faire ce choix en minimisant les dépenses d’installation.

Organisation du circuit de l’air

Pour vous, le chauffage au bois répond, autant qu’à un plaisir, à une nécessité : sachez alors que le tirage d’une cheminée ou d’un poêle peut renouveler tout l’air d’une pièce en 5 minutes. Vous risquez donc de vivre dans un circuit d’air chaud qui chauffe le ciel par le conduit de la cheminée, et bien peu votre demeure ! Sauf si vous organisez les flux d’air (voir « Le circuit de l’air », page 22)...

Encombrement du bois

Que représente un stère de bois? 1 m3 ; autrement dit, pour stocker 1 m3, il vous faudra (approximativement) une « huche » (un placard) de 2 m de haut, 2 m de long et 25 cm de profondeur, ou 2 m de haut, 1 m de large et 50 cm de profondeur. Pour un chauffage principal, vous utiliserez au moins un stère par mois. Sachant que l’on se chauffe 5 mois par an (au minimum), il vous faudrait un espace réservé de 2 m de haut, 5 m de long et 0,5 m de profondeur.

Le système-cheminée, ou la maison comme un ensemble énergétique. L’achat d’un poêle ou d’une cheminée impose de prendre en compte tout un ensemble d’éléments : où vais-je mettre le bois? Comment vais-je évacuer les fumées? Où vais-je prendre l’air frais? Comment bien isoler pour conserver la chaleur...?

Cet espace pourra être une cave si elle n’est pas humide, ou tout autre endroit sec, près du lieu d’utilisation : pensez que vous allez peut-être avoir à monter ou descendre un escalier avec 30 litres de bois chaque jour, ou aller chercher cette quantité dehors, dans le garage par exemple...

Pour un chauffage au bois-plaisir, les contraintes évoquées ici disparaissent avec la nécessité d’avoir un feu allumé en permanence. Mais si vous vous chauffez aussi par nécessité, il faut avoir conscience de ces inconvénients... pour pouvoir leur trouver des solutions.

L’invention géniale : les granulés

Question : comment peut-on obtenir un feu continu et une puissance homogène avec un poêle, comme c’est le cas pour une chaudière tant que la cuve de gasoil est remplie?

Réponse : en transformant les bûches en granulés, ou « pellets » (en anglais), c’est-à-dire en petits cylindres de 6 mm de diamètre environ, obtenus en compressant de la sciure de bois et des chutes de bois émincées.

Rien d’autre n’est ajouté : ni colorants, ni produits phytosanitaires (certains étant à base d’arsenic, ils sont utilisés pour protéger le bois des insectes et moisissures, et sont extrêmement toxiques).

Cette avancée décisive, qui ouvre de nouvelles perspectives au chauffage au bois, est mise à profit par des poêles à granulés (voir page49). L’arrivée du combustible, devenu fluide, s’y règle facilement... et automatiquement.

Poêle à granulés. (© Wanders.)

 Le circuit de l’air

Pourquoi une bouche d’arrivée de l’air ?

Nos appareils de chauffage consomment de l’air qu’ils rejettent par le conduit d’évacuation des fumées. Il peut venir d’une bouche d’aération située devant la cheminée ou le poêle, ou simplement de la pièce elle-même. Dans ce dernier cas, de l’air venu de l’extérieur est aspiré dans la pièce (à travers une bouche d’aération éloignée, voire par les joints des fenêtres, le dessous des portes, etc.) pour remplacer l’air utilisé par l’appareil.

Imaginons que votre cheminée dispose d’un conduit d’évacuation des gaz de 25-30 cm de diamètre et d’environ 8 m de hauteur ; grosso modo, si on combine cette ouverture à la vitesse d’évacuation des fumées (quelques mètres par seconde), l’air contenu dans une pièce de 6 × 4 m avec 2,5 m de hauteur de plafond (60 m3) est renouvelé en... 5 minutes si la cheminée est en plein travail.

Bref, la cheminée a réchauffé l’air de la pièce de, par exemple, 7 °C : c’est cet air qui va entrer dans le foyer et sortir en panache. En somme, dans ce cas, vous chauffez surtout le ciel (selon la loi : le chaud va toujours vers le froid).

Installation avec conduit d’amenée de l’air frais.

Admettons à présent que vous ayez froid, et que vous décidiez d’ajouter à votre appareil de chauffage au bois un appareil d’appoint, comme un poêle à pétrole. Celui-ci va augmenter la température de cet air qui n’est qu’en transit de, par exemple, 4 °C... et donc la température de la fumée presque immédiatement (4 secondes plus tard dans notre cas).

Si votre poêle fait 7 kW, votre radiateur autant, vous ne doublerez pas la température intérieure de la pièce : elle n’augmentera que de quelques degrés... Conclusion : dans ce cas, vous n’avez pas besoin de chauffage d’appoint. Il suffit de créer une bouche d’alimentation en air frais devant votre appareil.

Installation sans conduit d’arrivée de l’air frais. La cheminée aspire l’air de la pièce, le chauffage est peu efficace.

 

Prendre en compte la configuration de l’habitation et son isolation...

• 7 kW pour 65 m2, conseille-t-on parfois... Mais quels 65 m2 ? Si votre demeure est coupée de murs, si les pièces sont au bout de longs couloirs, vous vous retrouverez avec des parties surchauffées et d’autres sous-chauffées...

• Et 7 kW pour quelle isolation ? On considère qu’il faut une puissance de 50 watts par mètre cube d’air si le plafond est isolé par 20 cm de laine minérale (laine ou roche... un produit qui sera un jour retiré du marché pour raisons sanitaires), avec des combles perdus et un mur isolé par 10 cm de laine minérale prise en sandwich entre des plaques de plâtre et des parpaings ou des briques creuses de 20 cm de largeur.

L’emplacement du conduit d’arrivée de l’air

Un conduit d’arrivée de l’air frais est donc nécessaire. Il peut passer sous le plancher – tout dépend de ce qu’il y a dessous : dans un appartement ancien, des poutres disposées en long ou en travers ; dans une maison moderne, peut-être un sous-sol ou un vide sanitaire ; dans un appartement moderne, en général une dalle de béton (voir « L’arrivée d’air frais », page 90).

On trouve souvent des cheminées adossées à un mur extérieur, dans lequel est creusé un trou protégé par une grille permettant à l’air d’entrer. C’est regrettable, car on va chauffer le mur qui va chauffer l’extérieur, alors que si la cheminée était contre un mur intérieur on chaufferait la pièce située de l’autre côté.

Dans le premier exemple, la prise d’air est derrière la maison, le conduit passe sous le plancher avant de ressortir sous la cheminée.
Dans le deuxième, on a fait au plus proche, donc au plus simple.
Dans le troisième, la cheminée est contre le mur extérieur, dans lequel est aménagé le conduit.

Variantes « up-to-date » au circuit d’air

Deux systèmes récemment apparus permettent de passer outre la contrainte de devoir installer une prise d’air juste derrière un appareil de chauffage :

le premier permet une prise d’air sur le toit, autour du tuyau d’évacuation des fumées lui-même (croquis ci-dessous) ;

Système de conduit concentrique en inox. Au centre, le premier conduit assure l’évacuation des produits de combustion, dont la température évolue entre 140 et 180 °C. Le conduit qui l’enveloppe amène, lui, l’air extérieur jusqu’au foyer du poêle à granulés (voir aussi page 18) : l’air extérieur se réchauffe au contact du conduit intérieur. La combustion des granulés se trouve optimisée de 10 à 15 %. (© Poujoulat.)

le second reprend le système des « ventouses » : derrière les chaudières murales, il y a bien souvent une évacuation des gaz brûlés à travers la façade elle-même. C’est ce système qui a été appliqué à un poêle à granulés (voir page26) par un constructeur italien. Ces poêles peuvent donc être posés dans des appartements de ville sans cheminée. Ils possèdent un ventilateur de fumée. Pour éviter que les fumées noircissent le mur, l’extrémité du tuyau d’évacuation dépasse du mur de 30 cm (sachez que les fumées dues aux granulés sont presque transparentes, excepté au démarrage, où elles sont noires).

Jusqu’à présent, les ventouses horizontales n’étaient pas autorisées pour les combustibles solides tels que le bois. Un poêle à granulés étanche peut cependant être raccordé à une ventouse. L’air comburant (nécessaire à la combustion) est acheminé par l’intermédiaire de la partie annulaire du conduit concentrique. (© Poujoulat.)

L’étanchéité des assemblages est assurée par un emboîtement cône sur cône sans joint. (© Poujoulat.)

Modèle de poêle à granulés à foyer étanche, qui lui permet d’avoir un conduit de cheminée type ventouse, dans une façade. Son système d’alimentation est conçu pour empêcher le bourrage du combustible, ce qui arrive parfois avec les autres poêles à granulés. Prix : environ 4 000 euros TTC. (© Palazetti, Elena New.)

 Les principes d’une bonne production de chaleur

Comment implanter vos appareils de chauffage au bois de manière optimale, de façon à obtenir une bonne production de chaleur tout en réduisant le plus possible les circuits, donc les coûts et le temps passé? Au-delà des plans de votre maison ou appartement, avant de vous lancer dans tout travaux, vous devrez réfléchir... globalement, non pas seulement à votre installation de chauffage au bois, mais à la manière dont vous comptez produire la chaleur chez vous, et à toutes les sources de production : qu’il s’agisse de vous chauffer ou simplement de chauffer l’eau, qu’elle soit ensuite utilisée directement ou pour chauffer les radiateurs.

Rappelons tout d’abord les caractéristiques « de base » d’une cheminée, d’un poêle, d’une chaudière. Au début était la cheminée... Un foyer pour le feu et un trou dans le toit pour l’envol des fumées... et une large fente sous la porte pour amener l’air frais.

Le temps passe, et la cheminée apprend à s’entourer de pierre, le conduit de fumées également, et un trou est ménagé dans son dos pour laisser entrer l’air frais sans frigorifier toute la pièce.

Comme le métal se répand, on a l’idée d’en entourer le foyer et de poser le tout sur des trépieds avec un tuyau métallique : le poêle est né.

Mais comment amener la chaleur dans les profondeurs de la maison? L’idée est de la faire circuler avec de l’eau chaude. Le poêle devient une chaudière, qui sert à chauffer cette eau, envoyée dans des tuyaux vers les radiateurs disposés de-ci de-là.

La position centrale des premières cheminées permet d’envoyer la chaleur partout de manière naturelle. Il n’est nul besoin de réseau, comme un chauffage central. Si on avait froid dans ces habitats, c’est à cause du trou dans le toit... et de l’absence d’isolation sur les parois.

Les plans de la maison

Au commencement, la maison est souvent ronde, avec un foyer au milieu. Pour la petite histoire, c’est quand l’homme a voulu habiter collectivement qu’il s’est mis à faire des cloisons droites, qui ne facilitent guère la circulation naturelle de l’air chaud.

Une conclusion s’impose : si l’on veut se chauffer facilement, il faudra faire en sorte que son habitat ressemble à cet habitat « originel » de l’humanité, dans l’esprit du moins... en cassant les séparations. Il est par exemple possible d’aménager un appartement.

L’établissement d’un plan sommaire

Pour décider de l’emplacement de votre installation, portez sur le plan les portes et les fenêtres de la pièce dans laquelle elle sera mise en place. S’il y a un conduit pour l’évacuation des fumées, notez son emplacement, c’est lui qui conditionnera la position du poêle (voir schémas ci-dessous et page 29). Faites également apparaître une éventuelle arrivée d’air frais dans la pièce ; si vous devez en créer une, faites en sorte qu’elle soit aussi directe que possible.

Poêles raccordés à d’anciens conduits de cheminée.

Un plan permet également de calculer le volume à chauffer – voir l’annexe 2, « Dimensionnement d’un appareil divisé au bois (méthode du volume corrigé NF 35-001) », page 131 : de cette façon, vous pourrez choisir le type de poêle le mieux adapté à vos besoins. On peut envisager de chauffer plusieurs pièces avec un poêle sachant que même pour les plus éloignés, on peut très bien se passer d’une cheminée à foyer fermé avec échangeur d’air chaud. Tout dépend du plan de votre appartement, des modifications que vous pouvez éventuellement lui apporter.

Il est en effet possible d’aménager un appartement pour y faciliter la circulation de la chaleur : là aussi, l’établissement d’un plan permet de clarifier les choses. Prenons l’exemple d’un deux-pièces (voir schémas page suivante).

Après un petit perçage du mur extérieur de l’appartement, le circuit d’air frais amène l’air frais au pied du poêle.

Le mur qui sépare la cuisine du séjour peut être abattu (s’il n’est pas porteur !), ce qui permet de créer une impression d’espace, mais aussi de réchauffer la cuisine à l’aide du poêle.

Porte adaptée de façon à laisser circuler l’air.

Poêle raccordé à un tubage en acier. Pour des raisons pratiques ou d’esthétique, le conduit d’évacuation des fumées peut être placé dans une pièce voisine.

Il est toutefois inutile de casser tous les murs... Pour transférer la chaleur de la pièce où se trouve le poêle à une autre adjacente sans installer un circuit de distribution d’air chaud, on peut poser en haut de la porte de séparation une grille par laquelle passera l’air chaud (plus léger, il monte vers le plafond), après s’être assuré qu’il y a un espace d’au moins 1 cm entre le bas de la porte et le plancher : l’air chaud produit par le poêle pénétrera dans la pièce, tandis que l’air froid ressortira par-dessous la porte, soit par la fente entre le plancher et le bas de celle-ci, soit par une deuxième grille que l’on installera (plus lourd, l’air froid tombe vers le bas).

Certains fabricants de poêles ont élaboré des solutions intéressantes. La société canadienne Venmar propose par exemple de réchauffer directement l’air de la pièce mitoyenne à l’aide d’un poêle muni d’un petit système de répartition (www.venmar.ca).

L’air chaud reste dans une seule pièce.

Le même appartement, aménagé de façon que l’air chaud circule dans toutes les pièces.

Le cas d’une maison neuve

Si, à présent, on construit une maison neuve, on aura tout intérêt à lui donner la forme qui se rapproche le plus du cercle – l’idéal serait de lui donner une forme de cercle, mais les réglementations des communes touchant l’urbanisme (plan local d’urbanisme ou PLU) le permettent rarement, et les matériaux du commerce sont à angles droits. Dans l’exemple que nous vous proposons (voir schéma ci-dessous), nous avons ainsi choisi le carré, forme géométrique qui s’approche le plus du cercle. La maison fait face au sud, les deux rectangles qui l’entourent sont des espaces tampons :

au nord le garage ;

à l’est, la chambre des parents.

Une chambre peut être plus fraîche que le reste de la maison : 17 °C au lieu de 20-21°C. Et il en est de même pour le garage.

Le point rouge, au centre, est le poêle : il a été placé exactement au centre géométrique de la maison. Il peut donc rayonner de tous les côtés sans réseau d’échange de chaleur... un peu comme dans l’exemple de l’appartement précédent.

Des dispositifs simples permettent de diffuser la chaleur sur les deux niveaux d’habitation. Enfin, les appareils de chauffage, au bois et autres, sont rapprochés, de manière à ce que le rayonnement thermique diffuse à partir des appareils de chauffage au bois sans devoir être transporté par de coûteux intermédiaires, tels des tuyaux d’eau chaude qui amèneront la chaleur dans les radiateurs placés aux endroits les plus reculés.

Une maison écologique typique : formes simples, piscine biologique, ouvertures au sud et système de chauffage placé exactement au centre de l’habitat. (© Guillaume Bruneau.)

Pour que les pièces du haut se remplissent naturellement d’air chaud, il faut que les espaces soient les plus ouverts possibles : ici, l’air chaud monte par l’escalier dans la mezzanine et il suffit d’ouvrir les portes des chambres pour qu’il y diffuse naturellement. (© Guillaume Bruneau.)

Tout ce qui produit de la chaleur a été placé au centre de l’habitat. La cuisinière fonctionne au bois et dispose de son propre conduit d’évacuation des fumées (c’est obligatoire), côtoyant le poêle adossé à un mur buvant les calories. (© Guillaume Bruneau.)

Vue 3D (© Guillaume Bruneau) et tableau des performances énergétiques de ce projet de maison à ossature bois (© Frédéric Loyau, cabinet Fiabitat Concept). Les besoins en chauffage annuel sont de 4 266 kWh. Avec un rendement du poêle de 80 % et si l’on veut maintenir la température à 19 °C, le caractère bioclimatique de cet habitat nécessitera probablement de chauffer de 1 h 30 à 2 h par soirée en saison froide (4 stères de bois par an).